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Jacob Law
Juif originaire de Balta en Transnistrie, Jacob Law est une grande figure - oubliée - de l'anarchie : « Je sentais bien … que je n'étais pas né pour donner ma vie à un patron. Étant bien éduqué, et raisonnant avec moi-même, … je jurai de frapper sans hésitation celui qui oserait attenter à la liberté de mes frères les hommes ». Le 1er mai 1907 à Paris, il vise d'un coup de revolver un officier de la Garde républicaine « qui commandait à ses cavaliers de piétiner mon frère, l'Ouvrier ». Jugé en octobre, il est condamné à quinze ans de travaux forcés et arrive à l'île Saint-Joseph, le 7 août 1908. Jacob Law sera libéré le 10 mai 1924 ; son témoignage est édité à Paris en 1926, après quoi il est expulsé et disparaît sans laisser la moindre trace.
« Dix-huit de bagne » est un témoignage accablant qui ne détourne les yeux d'aucune des tares d'un système déshonorant. Rigoureusement contemporains de l'enquête menée par Albert Londres, les faits évoqués ne sont à l'évidence pas déformés, ni les portraits chargés ; aussi terribles l'un que l'autre, le réquisitoire dressé de l'intérieur par l'anarchiste et celui établi de l'extérieur par le journaliste se recoupent scrupuleusement.
Durant ces longues années, Jacob Law ne renonce pas un instant à ses convictions. Il refuse donc catégoriquement de participer aux travaux obligatoires et paye sa détermination de multiples vexations et de longs séjours au cachot. De même il refuse tous les accomodements grâce auxquels, au prix d'une servilité accrue, la majorité des bagnards croyaient améliorer leur sort. C'est un homme droit qui est libéré en 1924.
Egrégores Editions, 110 pages
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